Vinciane Lacroix

Ce blog propose différentes sources pour développer votre sens de la couleur et de l'harmonie

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La lumière et la couleur

La lumière est fondamentale dans notre perception de la couleur.

Parfois elle nous charme: dans un magasin nous sommes séduits par la couleur d’un vêtement, et une fois dehors, à la lumière du jour, nous voilà déçus.

L’inverse se produit également. Une décoration intérieure splendide dans des harmonies subtiles éclairées par une grande baie vitrée. Quel plaisir pour les yeux: les couleurs vivent et s’épanouissent au gré de la journée et des saisons. Mais le soir, un éclairage de lampe extra-économique tue toute cette magie.

Que s’est-il passé? Pourquoi ces changements?

Pour répondre à ces questions, un petit détour par la physique de la couleur est indispensable; il servira de base à des articles futurs.

La lumière “blanche”

La vision d’un arc-en-ciel nous rappelle que la lumière du jour est constituée de rayons de différentes longueurs d’ondes.

Arc-en-ciel (CC BY-SA 2.5 Win-Chi Poon)

Les gouttes agissent comme des billes de verre qui dispersent la lumière, tel le prisme de Newton conceptualisé dans l’animation ci-dessous. Ces rayons sont également représentés par un spectre, dans les couleurs telles qu’elles nous apparaissent dans l’arc-en-ciel.

Animation simulant la dispersion de la lumière du jour dans ses différentes ondes.
Schéma conceptuel de la dispersion de la lumière du jour dans ses différents rayons dont la couleur nous apparait différentes selon leur longueur d’onde (rouges pour les longues, vertes pour le moyennes et bleu-violet pour les courtes).
Spectre de la lumière visible

Tous ces rayons visibles, des plus petites longueurs d’ondes situées autour de 380 nm jusqu’au plus grandes proches de 780 nm, forment la “lumière blanche”.

Blanche, vous avez dit blanche?

Blanche? La lumière du jour serait blanche? Pourtant, le matin, elle me paraît légèrement bleutée. Et puis, la lumière italienne n’a rien à voir avec celle des îles Lofoten. Elles n’ont certainement pas la même couleur.

D’ailleurs, les peintres témoignent du changement de la couleur de la lumière; l’observation de ses fluctuations colorées sont même à la l’origine du mouvement impressionniste. Regardez chacune des cathédrales de Monet: la pierre n’a pas changé, seule la lumière a varié.

En réalité, seule la lumière par temps gris est “blanche”. Dans les peintures ci-dessus, le tableau central rend compte de la “vraie” couleur de la pierre. Et indirectement, chaque tableau nous informe de la couleur de la lumière qui éclaire la cathédrale.

Cette lumière, qu’elle soit du matin ou du soir, est bien constituée de toutes les ondes du visible, mais dans des proportions variables.

Quelle importance pour le coloriste, le photographe ou le peintre, sino pour le plaisir de nos yeux?

Le spectre de la lumière

La couleur des objets qui nous entourent dépendent de l’éclairage qu’ils reçoivent car ils en renvoient une partie; connaître la composition de la lumière est donc important.

Les illustrations plus haut montrent les rayons qui constituent la lumière mais dans quelle mesure.

Imaginez la lumière comme une soupe. Si vous variez la proportion des ingrédients, la soupe aura une tout autre saveur. Aussi, si un ingrédient domine, il aura tendance à imposer son goût à toute la soupe. Il en va de même pour la lumière. Mais plutôt que de donner la quantité des ingrédients, on note l’énergie que chacun d’eux apporte.

Dès lors, pour décrire une source lumineuse, on en donne “le spectre“; vous pouvez le voir comme les ingrédients de la “soupe lumière”: il donne la contribution énergétique de chacun des rayons en fonction de la longueur d’onde.

En haut, les “ingrédients” de la lumière d’une lampe halogène; en bas, ceux de la lumière du jour (voir le site 123.couleurs.fr)

La “lumière du jour” par ciel gris illustrée ci-dessus est donc grosso modo constituée de toutes les longueurs d’ondes visibles contribuant à part égale d’énergie. Si l’on fait référence à un “blanc idéal”, alors les parts sont exactement les mêmes; on a un spectre parfaitement plat.

Les spectres de la lumière

Dans la réalité, comme Monet nous le fait remarquer, la lumière n’est pas blanche. Quand bien même on la qualifierait de blanche, elle n’a pas les mêmes qualités qu’elle soit du nord, du sud, à midi ou le soir.

En quoi cela affecte-t-il les couleurs? Les nuances des objets colorés seront différentes.

La lumière qui varie le moins au cours de la journée et des saisons est la lumière du ciel au nord. C’est la raison pour laquelle on conseille aux peintres d’avoir un atelier dont les fenêtres sont exposées au nord; d’un jour à l’autre la couleur de leurs tableaux reste stable.

Les qualités de la lumière se traduisent par des spectres différents comme l’illustre la figure ci-dessous. La lumière au couchant du soleil a plus d’ondes longues que celle du ciel au nord; elle nous paraîtra plus rouge, ou plus “chaude”.

Les spectres de la “Lumière du jour” (adapté de Bruce MacEvoy)

Deux spectres qualifiés de “lumière du jour” sont présentés sur la figure ci-dessus: le D55 et le D65. Il s’agit “d’illuminants standards” de différentes “température de couleur”. On en parlera de cette caractéristique dans un prochain article.

Votre appareil photo numérique devine le type d’éclairage dans lequel vous baignez: il fait une “balance des blancs” automatique. Vous pouvez la modifier, et vous aurez une photo très différente, comme le montrent les deux photos ci-dessous.

Dans les autres types d’éclairage, tel l’éclairage LED ou fluorescent, les contributions énergétiques des ondes peuvent être très différentes. Du coup, les surfaces reçoivent plus ou moins d’ondes dans certaines parties du spectre, ce qui modifiera la couleur.

Pour savoir si l’éclairage préserve bien la couleur on parle de son “CRI” (Colour Rendering Index), noté sur 100. On en parlera dans un prochain article. Sachez déjà que les lampes halogènes ont un indice de 100, et rares sont les LED qui aujourd’hui atteignent 95.

En attendant, si la couleur d’un objet vous importe, essayez de le voir en lumière du jour ou du moins dans les conditions lumineuses dans lesquelles vous l’utiliserez.

Et comme les artistes, peintres et photographes, jouez avec les différences de lumières! Des photos de nuit mêlant différents types d’éclairage sont souvent intéressantes. Prenez exemple sur le photographe Gregory Crewdson que je vous ai déjà présenté dans le défi #2.

Photographie © Gregory Crewdson
Photographie © Gregory Crewdson
Photographie © Gregory Crewdson

Défi #5 Créer une carte de vœux et s’initier au système de couleur coréen

Envoyer ses voeux à sa famille et à ses amis m’a toujours paru une belle tradition. J’apprécie autant les écrire que les recevoir: on passe un moment avec l’un ou l’autre, par le biais de l’écriture.

On admire les créations d’amis artistes, on collectionne les photos de famille où l’on voit les enfants grandir. On décore son séjour avec les plus belles, les plus drôles ou celles qu’on veut relire.

Aujourd’hui, la possibilité d’envoyer ses voeux par courriel ou autre moyen électronique nous incite à produire des vœux génériques. Personnellement, j’envoie trois images et propose à ceux qui le souhaitent, en échange de leur adresse, leur image préférée avec un message personnel.

Dans ce défi #5, je vous fais part du processus créatif de trois cartes. L’une se base sur le système traditionnel de couleur coréen, l’autre s’inspire d’une peinture, et la dernière est une variante des deux.

En échange de votre courriel vous pourrez les téléchargez pour votre propre usage.

La carte coréenne

Cette première carte de vœux tire son inspiration de trois sources: une carte réalisée par une amie, une visite à l’exposition “Tekkal, Couleurs de Corée” et la technique de “sliceform”.

Une carte cubique

Cette année j’ai reçu d’une amie artiste une jolie carte de vœux “boule de Noël”, ou plutôt, un “cube de Noël”. Envoyé aplati et décoré d’une impression abstraite, il suffisait de refermer le couvercle, tirer le fil en son centre et l’accrocher au sapin.

L’association d’un cube à l’année 2020 me plait beaucoup; la symétrie du nombre me semble en accord avec celle du volume. Écrire ce nombre rond, un chiffre sur chaque face m’apparaît indispensable pour souligner cet accord.

Visite au centre culturel coréen

Jusqu’au 14 Février 2020 a lieu au Centre Culturel Coréen de Paris une exposition sur les couleurs traditionnelles de la Corée. Une exposition passionnante, surtout si vous avez la chance de bénéficier d’un guide. On y découvre leur système symbolique des couleurs et des objets de la vie quotidienne illustrant l’usage traditionnel de celles-ci.

Les couleurs principales sont le blanc, le noir, le jaune, le rouge et le bleu; chacune est associée à un point cardinal, à un élément et à une saison, sauf le jaune qui, placé au centre du système et associé à la Terre, n’a ni saison ni point cardinal.

Système symbolique et couleurs traditionnelles de Corée.
Système symbolique et couleurs traditionnelles de Corée
(photo de l’exposition “Tekkal, Couleurs de Corée”
)

Les couleurs ont non seulement leur signification propre mais aussi une signification spécifique selon leur combinaison avec l’une ou l’autre couleur. Les règles d’harmonie entre les couleurs dépendent du rapport entre les éléments auxquels elles se réfèrent.

Reconnaître la dimension culturelle et symbolique des couleurs et de leur harmonie est fondamental. J’y consacrerai un article futur.

En Corée, le vert n’est pas considéré comme couleur principale, et c’est le bleu qui est associé à l’arbre. Ma guide m’informe cependant que dans leur culture le vert et le bleu sont très proches. Dans le vocabulaire coréen, il existe même des adjectifs indifféremment utilisés pour désigner le vert et le bleu.

Le nom des couleurs, leur attribution à une catégorie selon la culture sont autant de sujets qui me passionnent. Cela fera également l’objet d’un article futur, j’en profiterai pour résumer ma visite à cette exposition.

Quel rapport avec la carte de vœux me direz-vous?

Conception de la carte

Le système des couleurs traditionnelles de Corée me semble idéal pour transmettre mes vœux. J’aime l’idée qu’il soit associé à une boussole; en ce début d’année il est utile de faire le point, de voir où l’on va, voire de se réorienter. Aussi, la symbolique des cinq éléments nous rattache à l’essentiel. Enfin transmettre le message qu’un système peut être différent du nôtre, que la notion d’harmonie est aussi culturelle, me séduit.

Les couleurs cardinales blanc, rouge, bleu, noir, seront dès lors sur chacune des quatre faces du cube-carte-de-voeu. Ce dernier, aplati lors de l’envoi, mettra en évidence les harmonies coréennes. Chaque face aura un chiffre; le blanc doit commencer puisqu’il est la base des couleurs selon ce système. À la réception, le destinataire placera le montage sur le carré jaune où figure une boussole, le chiffre deux blanc, sera situé en direction de l’ouest.

Carte de Vœux 2020 utilisant le système des couleurs coréen: blanc, rouge, bleu, noir et jaune
Conception de la carte de voeux coréenne: un chiffre pour chaque couleur cardinale et le jaune à placer au centre (cc by Vinciane Lacroix)

Pour constituer le cube, plutôt que d’utiliser un pliage, j’opte pour la technique des “tranches emboitées” (sliceform) telle qu’elle est utilisée dans l’illustration de la couverture du livre ci-dessous. Elle requiert un peu plus de travail: il faut faire des incisions dans chaque face pour qu’elles puissent s’emboiter.

Technique de "sliceform", ou "tranches emboitées"
“Globe”, réalisation de J.Ch. Trebbi d’après un modèle de M. Chatani.
© Editions Alternatives/ Gallimard
Illustration de la méthode “sliceform” pour constituer un volume.

Et voilà, la première carte est prête!

Dans l’enveloppe, les faces des couleurs cardinales seront assemblées comme le montre la figure ci-dessous. On peut écrire un petit message au verso et donner l’explication de montage ou le lien vers cet article.

Carte de vœux 2020 réalisée par la technique de "Sliceform", en version "aplatie".
Carte de vœux coréenne (version aplatie cc by Vinciane Lacroix)
Vue de haut de la carte de vœu coréenne réalisée par la technique de "Sliceform"
Vue de haut de Carte de voeux coréenne montée en cube

La carte “Jasper John”

Pour rédiger un message personnel, j’essaie souvent de trouver un lien avec l’illustration que j’envoie; une carte graphique très colorée m’inspire toujours. Certains peintres, comme Jasper Johns, jouent de manière très picturale avec les chiffres et les lettres. Le tableau ci-dessous en est une belle illustration.

Tableau de Jasper John
Tableau de Jasper Johns.

En plus, le fond rouge dominant résonne avec l’accent bleu complémentaire, dans un accord bien connu à présent (voir le défi #4 et l’article sur les complémentaires).

Dans la conception de cette seconde carte, je souhaite utiliser une palette de couleurs et un graphisme inspirés de ce tableau.

Le message “BONNE ANNÉE 2020!”, peint à la gouache, convient à merveille pour l’application de cette idée: cinq carrés placés sur trois rangées, voilà une construction harmonieuse pour une carte de format standard (9cm x 13,5cm).

Carte de vœux 2020 inspirée de la palette et du graphisme de Jaspers John.

On peut aussi adopter la technique d’assemblage par incision comme dans la carte précédente et former un long serpent qui se placera idéalement sur un buffet ou une table de travail. On imprimera alors la carte en format A4 pour faciliter l’incision de chaque carré.

Variantes

Après on peut jouer à nouveau soit sur le message soit sur les couleurs des chiffres et du fond. Les courageux et créatifs imprimeront une version qu’ils pourront plus librement colorer selon le goût du destinataire, ou de leur goût personnel. C’est l’occasion de tester d’autres formes et d’autres harmonies que celles du système coréen.

Si vous avez le plan de changer les couleurs de votre séjour, profitez de cet exercice pour chercher la gamme qui plaira à toute la famille. En la déposant sous cette forme sur une étagère dans le séjour, chacun aura le temps de s’habituer à ce nouvel ensemble de couleurs et il sera plus facile de le faire accepter!

Au travail, et… bonne année!

Défi #4 Jouer avec les complémentaires

Dans le précédent défi, je vous ai suggéré de commencer votre exploration du monde des couleurs en vous limitant à un certain nombre d’entre elles, en restreignant votre palette.

Mais par quelles couleurs commencer?

Un choix de couleurs complémentaires (additives) est souvent judicieux: l’effet de leur association est garanti car elle offre un certain confort à notre œil.

Pour en savoir plus sur ces aspects perceptifs, lisez l’article “Les couleurs complémentaires (I)” dans la section “Apprendre à regarder”. L’article conclut qu’il suffit de connaître la complémentarité des teintes (i.e. des “familles” de couleurs).

En simplifiant, on peut résumer les associations de complémentaires par cette liste: jaune/bleu (nuit) , rouge/cyan, magenta/vert. On peut rajouter les teintes intermédiaires: orange/bleu et violet/vert-jaune. La figure ci-dessous les représente à leur maximum d’intensité colorée (saturation).

Paires de complémentaires à leur maximum de saturation

Ce défi consiste à mettre en pratique ces connaissances à l’aide de la méthode SORC que vous commencez à connaître: S’inspirer-Observer-Reproduire-Créer.

Vous pensiez que vert et rouge étaient complémentaires? Et bien, pas vraiment, vous en saurez plus dans le prochain article et dans le défi #6.

S’inspirer

Les artistes ont une intuition des couleurs qui s’harmonisent; l’association des complémentaires visuelles leur vient naturellement.

Intuition? Parfois il s’agit de connaissances. Le maître initie l’élève dans son atelier; un artiste de renom rédige un livre pour ses contemporains ou lègue son journal aux générations suivantes ; un vulgarisateur scientifique expose les connaissances actuelles de la perception visuelle.

Ces transmissions de connaissances, l’histoire de l’art en est pleine. Que ce soient les écrits de Léonard de Vinci, le journal d’Eugène Delacroix, ou les conférences de Charles Blanc vulgarisant les travaux scientifiques de Chevreul et d’Ogden Rood, tous ont influencé la palette et la technique des artistes qui les ont lus ou écoutés.

L’évidence de l’association heureuse de complémentaires ne date pas d’hier; les exemples sont nombreux, il est facile de trouver des sources d’inspiration, plus difficile de faire un choix.

S’inspirer de la peinture

Ce tableau “Midi, repos du travail” de Vincent Van Gogh nous invite à un festival de jaunes dorés et de bleus. Quelques tons neutres, tantôt des gris jaunâtres ou des gris bleus équilibrent l’ensemble. D’autres teintes sont présentes, mais très discrètes: le visage légèrement rosé et quelques brins d’herbe vert jaune à l’avant-plan.

Association Jaune/Bleu dans “Midi, repos du travail” de Van Gogh

Cette combinaison “jaune-bleu” est probablement l’association de teintes complémentaires qui nous est la plus familière, et chère à Van Gogh, on la retrouve dans plusieurs tableaux réalisés dans le midi.

Quant à la paire “rouge/cyan”, elle démontre son efficacité dans cette gouache de l’artiste contemporaine Judith Simonian, où elle guide notre regard en aller retour de l’intérieur vers l’extérieur de la pièce. Le tout est plongé dans un gris foncé relativement neutre. Et pour qu’on ne s’ennuie pas, l’artiste a mis sur la petite table une discrète coupe verte et des bonbons colorés; utiliser une palette restreinte, oui, mais pas d’intégrisme!

“A single room”, gouache de Judith Simonian illustrant la complémentarité rouge/cyan.

S’inspirer des installations

Olafur Eliason a le don de nous plonger au cœur de la lumière et de ses mystères. Dans l’installation suivante une lumière blanche est projetée sur un disque de verre filtrant qui est suspendu au plafond; ce dernier tourne lentement. Une partie de cette lumière traverse le disque et se projette sur le mur du fond, produisant une ellipse bleue. L’autre partie de la lumière est quant à elle réfléchie par ce même filtre: elle projette sur le mur perpendiculaire une lumière complémentaire au bleu, produisant une ellipse jaune.

Installation “Bleu versus Jaune” d’Olfasur Eliasson démontrant la complémentarité des deux couleurs.

S’inspirer de la mode

Dans les images oniriques de Sarah Moon, on retrouve souvent des paires de teintes complémentaires. Ici l’association rouge-cyan est particulièrement intéressante.

photographie de Sarah Moon illustrant la complementarité rouge-cyan
Complémentarité Rouge/Cyan (Photographie de mode de Sarah Moon)

S’inspirer… de la photographie

La combinaison jaune-bleu, dans ce portrait de Dorothea réalisée par Loretta Lux , crée une atmosphère enfantine troublée par le sérieux et l’étrangeté du regard de la fillette. Le bleu qu’elle porte, quasi identique à celui du ciel, a tendance à dissocier la tête du reste du corps, la plaçant “dans les nuages”.

Complémentarité Jaune-Bleu dans Dorothea ( © Loretta Lux 2001)

S’inspirer… du cinéma

Aujourd’hui les directeurs de photographie maîtrisent parfaitement la gestion des couleurs. La photo ci-dessous est extraite de “Skyfall”, un James Bond visuellement époustouflant, le traitement de la couleur y est pour beaucoup. Cette scène en particulier exploite la complémentarité jaune/bleu.

Extrait de “Skyfall” exploitant la complémentarité jaune/bleu.

Malheureusement, comme cette association plait à tout le monde, certains cinéastes l’utilisent à outrance. Dans ce James Bond, il ne s’agit que d’une scène, dans d’autres long-métrages, on baigne dans cette combinaison jaune/bleu tout au long du film… À trop jouer sur les ficelles du métier on ennuie le spectateur exigeant.

S’inspirer de… l’imagerie satellitaire

Pour mieux interpréter les informations captées par les satellites, on utilise des “fausses couleurs”; c’est donc logique de trouver dans leur palette des paires complémentaires: elles offrent un meilleur contraste et permettent de mieux identifier les structures au sol.

Avec un cadrage approprié, on a sous les yeux de splendides tableaux abstraits.

Détail d’une image satellitaire en “fausses couleurs” (NASA/GSFC/METI/ERSDAC/JAROS, and U.S./Japan ASTER Science Team)

S’inspirer… des arts décoratifs

La mosaïque impose un choix limité de couleurs. Quand l’une d’entre elle est mariée à une belle pierre jaune comme celle du Musée des Beaux Arts de Gand (MSK), la paire de complémentaires “jaune-bleu” produit son petit effet charmant et un peu désuet.

En complémentaires jaune/bleu, mur et mosaïque au MSK à Gand (photos V. Lacroix)

S’inspirer… de la nature

La complémentarité vert/violet existe bel et bien dans la nature: lavande, glycine, lilas, pivoines, anémones, verveine, campanules,… toutes ses fleurs, associées à leur feuilles, nous offrent de beaux exemples de complémentarité.

Complémentarité vert/violet dans un bouquet (photo V. Lacroix)

Observer

Ne vous laissez pas décourager par cette section, si vous la trouvez trop abstraite ou théorique, passez directement à la phase suivante de la méthode SORC, à savoir “Recopier”.

Afin d’observer plus finement ces images, je vous suggère d’installer une application qui extrait les couleurs d’une image numérique et permet de visualiser leurs relations de complémentarité.

Colorotate: un outil d’analyse

Colorotate est un projet d’IDEA.org destiné à apprendre comment les couleurs fonctionnent et comment travailler la couleur rapidement et efficacement.

“Midi, repos du travail” dans Colorotate

La vidéo ci-dessous montre dans cette application la palette du tableau “Midi, repos du travail” de Vincent Van Gogh, un exemple inspirant pour la paire de complémentaires “jaune/bleu” .

Visualisation dans l’application COLOROTATE de la palette du tableau “Midi, repos du travail” de Van Gogh

Dans cette vidéo vous voyez le tableau de Van Gogh et sur la droite deux couleurs qui composent son harmonie en jaune et bleu. Que voyez-vous ensuite dans l’animation? Une distribution de points à l’intérieur d’un volume. Les points représentent toutes les couleurs du tableau. Réalisez comment, vu de haut, l’ensemble des points est aligné et passe par le centre. C’est la preuve que les couleurs sont complémentaires.

“A single room” dans Colorotate

À nouveau on observe dans l’application l’alignement de l’ensemble des couleurs, étalées sur l’axe rouge/cyan.

En utilisant l’application vous pourrez observer par vous-mêmes la cohérence des palettes autour de cette même association rouge/cyan aussi bien pour la photo de Sarah Moon que pour l’image satellitaire.

“Dorothea” dans Colorotate

Même si la distribution des couleurs dans cette photo est plus complexe, un ensemble important joint les deux couleurs à la base de l’harmonie de l’image et passe par le centre. Le nuage que forme l’ensemble des couleurs est un peu plus étalé que dans les exemples précédents.

“James Bond” dans Colorotate

Par comparaison, vous pouvez voir une complémentarité assez proche dans la scène de Skyfall: un couple plutôt orange-bleu que jaune-bleu mais avec des couleurs à la fois plus foncées et plus saturées.

Le bouquet dans Colorotate

Dans l’application on peut découvrir de la même manière la complémentarité des couleurs présentes dans la palette de l’image du bouquet.

Reproduire-Recopier

Emile Nolde, un grand coloriste, a réalisé beaucoup d’aquarelles où l’on peut retrouver des paires de complémentaires. Je me suis inspirée de l’une d’elle pour explorer la complémentarité jaune/bleu.

Complémentarité Jaune/Bleu, d’après E. Nolde (V. Lacroix)

Créer

Ci-dessous, quelques essais de photographies exploitant les différentes complémentarités: jaune/bleu et violet/vert-jaune.

Complémentarité Jaune/Bleu (photographie V. Lacroix)
Complémentarité Violet/Vert-jaune (Photo V. Lacroix)

A présent, à vous de jouer! Associez les paires de complémentaires dans votre intérieur, dans vos vêtements ou créations. Partagez-les et n’hésitez pas à commenter cet article.