Caroline Dujardin, la couleur en partage

 

La couleur, voilà la passion de Caroline. Elle l’utilise, l’enseigne, la vit.

D’où lui vient cette passion? De l’enfance? Pas sûr; certes, elle dessinait beaucoup, mais pas plus que d’autres enfants. De l’adolescence alors? Peut-être, elle se souvient de ce plaisir à voir fuser les couleurs éclatantes des encres Sennelier qu’elle utilisait pour créer des foulards en soie qu’elle vendait ensuite pour se faire un peu d’argent de poche. En tout cas, la fascination pour la couleur s’est développée dans le cours de ses études de peinture à La Cambre prenant progressivement une grande part dans ses recherches personnelles. Mais elle se souvient surtout d’un choc visuel lors de la visite d’une usine d’un ami de son père. Là, face à des pigments présentés dans d’énormes fûts, elle a été littéralement subjuguée. Elle ressent encore l’intensité de ce bleu d’outremer, de ce violet de manganèse. Ce souvenir est toujours vibrant d’émerveillement dans sa mémoire . Quand elle souhaite retrouver ce caractère unique de beauté pour l’exploiter dans ces tableaux, Caroline fabrique alors sa peinture elle-même; elle mélange des pigments de Cadmium de qualité exceptionnelle reçus du directeur de cette usine avec une charge et un liant, selon ses propres recettes. Continue reading « Caroline Dujardin, la couleur en partage »

Christine Lefèbvre, un regard d’esthète


A gauche, Christine et ses bols colorés. A droite, devant un hibou photographié par Christine, un pinceau immortalisé en sculpture

« La couleur », telle a été la réponse de Christine, traversant un passage difficile de sa vie, à un thérapeute qui lui demandait « qu’est-ce qui vous donnerait encore le goût de vivre? ». Longtemps elle s’en est voulu de ne pas avoir dit « mes deux adorables filles », mais aujourd’hui, encore étonnée de cette réponse, elle l’accepte comme l’expression spontanée d’un besoin très profond.

Photographe

Pourtant dans son métier de photographe Christine travaille en noir et blanc. C’est un choix, une nécessité même, pour aller à l’essentiel, pour synthétiser et pour s’éloigner du réel. Il lui serait impossible de photographier en couleur; la couleur est trop bavarde, elle détournerait son propos. La photographie de Christine est plutôt mystique, elle nous invite à la méditation. Le noir et blanc, sublimé par des longs temps de pause, canalise notre esprit, nous donne accès à l’inattendu, à l’émotion, au travail du temps sur les corps et la matière.


A gauche, un bic posé sur un papier dans la cuisine s’offre en nature morte. A droite, trois photographies, décollées de leur support, donnent une touche « art contemporain » à l’ensemble.

Christine admire cependant les travaux en couleur des photographes comme Paul Graham, Harry Gruyaert ou William Eggleston et a toujours été attirée par la peinture de grands coloristes. Adolescente elle adorait Chagall; aujourd’hui, « c’est trop », elle préfère Soulage. Est-ce parce que ses noirs —outrenoirs— lui parlent plus, ou parce qu’elle a eu l’occasion de voir une exposition à la Villa Borghese, à Rome, un cadre coloré qui, par contraste, a renforcé le pouvoir expressif de cette oeuvre sobre, profonde, solide, et même éclatante dans sa noirceur?

Le contraste et l’écrin

Christine aime exploiter le contraste: la couleur oui, mais sublimée par ce qui l’entoure, tel un écrin. Surtout pas d’orgie de couleurs. N’en choisir qu’une, la chérir, l’entourer, la magnifier. La cuisine est un terrain de jeu pour cet exercice. Une nappe noire, puis, au milieu de la table, un potage à base de lentilles corail, et autour, des assiettes couleur brique sur lesquelles elle posera du riz noir, qui mettra en évidence la palette subtile des légumes cuisinés. Les goûts des mets proposés suivront les mêmes règles, aucun pour tuer l’autre, tous au service d’une saveur élaborée avec soin pour la délectation des convives et la plus grande satisfaction de leurs papilles.

Le choix

Tout est une affaire de choix. Quelle couleur mettre en évidence? Quelles couleurs retirer pour ne pas écraser l’élue? Christine aime raisonner par soustraction plutôt que par addition. Elle voit cette même opposition entre la photographie et la peinture; là où le peintre, au départ d’un tableau, rajoute des couleurs, des touches, des traits, le photographe quant à lui, au départ d’un ensemble de photographies, va écarter l’une, amener l’autre, élaguer au fur et à mesure pour aboutir à une série plus percutante.


Ici une plante comme un ikebana, là comme une chevelure

Dans son intérieur la couleur est utilisée avec parcimonie. Des murs blancs mettent en valeur les objets qui lui sont chers, leur touches colorées ont alors plus d’impact, comme ces merveilleux oiseaux de l’artiste Tall Diedhiou qu’elle a découvert bien avant qu’il ne soit célèbre. Pour le séjour Christine préfère un ensemble relativement neutre dans des tons naturels (noir, bois, ocre) et jouera plus volontiers avec des couleurs pour les coussins, les vases, la vaisselle dont elle choisit les nuances avec amour et précision, souvent dans des magasins de seconde main où elle découvre des trésors dont la beauté lui procure une joie quotidienne.


En haut, des savons en grappe et des sculptures de Tall Diedhiou; en bas, une photo de Toni Catany et un bois flotté transformé par Christine en masque africain

Couleur plaisir

Chez Christine, la couleur est plaisir. Elle peut tomber amoureuse d’un vernis rouge qu’elle aura vu sur une amie à la gym, se l’approprier et un simple coup d’oeil sur ses ongles la réjouit alors. Elle n’en a plus jamais retrouvé un aussi beau, du coup, récemment, elle est passée au bleu.

Le beau la comble et la nourrit. Ce magnifique coussin brodé aux tons roses et dorés, bordé d’un galon vert de gris, a imposé à toute la famille un régime de trois semaines de lentilles. Chacun ses priorités! La beauté qui apaise, qui éclaire, qui fait voyager le coeur et l’esprit mérite bien un petit sacrifice vite oublié.

Tout chez Christine est affaire de subtilité, de raffinement, d’équilibre, de dosage, de précision. Elle adore le jaune. Mais pas le jaune « jonquille » et encore moins le jaune « d’oeuf », non, un jaune tirant légèrement sur le vert. D’ailleurs elle aime aussi le vert, pas pour son côté « nature », mais pour ce qu’il lui apporte, comme toutes ces matières nobles que sont le bois, les beaux tissus, les céramiques…Quand jeune maman elle adorait le bleu marine, elle n’hésitait pas à mettre à ses filles des brassières de cette couleur, au grand dam d’autres mères offusquées qui ne concevaient que le rose et le bleu pâle pour bébé!


Christine parcourt la France de festival en galerie et expose régulièrement ses photographies. Elle rêve d’avoir une grande exposition en Belgique où elle a toujours vécu et où elle a appris ce deuxième métier tout en étant institutrice, passionnée d’art, de littérature et de théâtre.

Le livre de Christine: http://www.filigranes.com/livre/lentre-temps/
Son site internet: http://www.christinelefebvre.be/

Hélène Mauri — l’humanité dans sa mission photographique

Hélène Mauri est photographe. Couleur ou noir et blanc? Cela dépend, elle ne rationalise pas; couleur, technique, même combat: tellement bien maîtrisées, intégrées, digérées, qu’elles passent toutes les deux au second plan, au service de la création, invisibles au conscient de la photographe guidée par sa mission.

Continue reading « Hélène Mauri — l’humanité dans sa mission photographique »

Françoise Lesage, nature oblige

Françoise aime tellement la couleur qu’elle se risque à peine à en parler, peut-être de peur de trop réduire l’émotion que la couleur lui procure ou de trahir la relation privilégiée qu’elle entretient avec elle, une relation qu’elle a nouée toute petite quand la contemplation d’une grande boîte de crayons de couleur lui procurait une joie immense.

Continue reading « Françoise Lesage, nature oblige »

Virginie, la couleur en mouvement

La couleur accompagne Virginie, elle suit ses mouvements, qu’ils soient du corps ou de l’âme.

Dans son intérieur, dans les vêtements qu’elle porte ou sur son site internet, la couleur est essentielle, elle lui apporte tantôt de l’énergie, tantôt de la gaité ou du réconfort.

Pour répondre à son besoin de changement, Virginie a inventé une technique ingénieuse permettant de transformer rapidement la gamme chromatique de son séjour. Un mur gris perle, un canapé blanc, un tableau dans la même gamme et quelques meubles en bois naturel constituent un fond neutre stable qui accueille, au gré des saisons ou de ses humeurs, des objets colorés interchangeables, qui, par touches, vont donner l’esprit qu’elle veut insuffler.

Continue reading « Virginie, la couleur en mouvement »

Pinuccia, le beau et le bon comme valeurs

Pinuccia ne conçoit pas la vie sans couleur. Elle aime le beau et le beau n’est pas incolore.

Aujourd’hui elle porte une robe chamarrée où se mêlent des bleus et roses vifs, couleurs qu’un séminaire lui a révélées comme faisant partie de « sa palette », se basant sur son teint — plus précisément la couleur de ses veines—, ses yeux et ses cheveux. Dans cette formation elle a apprécié le raisonnement qui permet d’identifier les tons qui vont à l’une ou à l’autre, là où la plupart fonctionne uniquement à l’intuition. Par contre, elle n’a pas aimé le dogmatisme sous-jacent, comme s’il fallait du jour au lendemain jeter tous les vêtements qui ne sont pas dans « ses couleurs » (*). Si telle robe rouge ou orange ne la met pas en valeur parce qu’on ne voit que la robe, pourquoi pas! Pinuccia n’a pas le culte de sa personne et à vrai dire, si c’est la robe qu’on verra d’abord, impossible de ne pas ensuite être capté par son sourire et sa personnalité.

(*) En clin d’oeil, elle a choisi de porter cette robe noire à pois blancs pour « son » portrait; clin d’oeil pour clin d’oeil, j’en ai fait une photo monochrome: un peu de noir et blanc dans ce monde de couleurs, pardi!
Continue reading « Pinuccia, le beau et le bon comme valeurs »

Framboise Godart, les deux pieds dans le rêve

Framboise aime la couleur, joue avec ses accords et les déploie dans des harmonies de son cru.

Chaque chambre d’hôte de son domaine vous plonge dans une atmosphère où les matériaux naturels, les textiles artisanaux, les objets d’art et un choix judicieux de couleurs vous emmènent pour un voyage le temps d’un w.e., ou plus, si le coeur vous en dit: ici à Corfou, là à Bali, en Thaïlande ou aux Caraïbes ou encore tout simplement au coeur de la nature, dans une cabane haut-perchée. Continue reading « Framboise Godart, les deux pieds dans le rêve »

Christine van der Steur, pour se connecter à l’essentiel

Christine aime les couleurs douces et naturelles, celles qui ne fatiguent pas les yeux, et surtout les rouges terre, peut-être parce qu’elle les associe à Ibiza, à son enfance dans la nature joyeuse de cette île baignée de lumière où il fait bon vivre aussi bien dehors que dedans. Son père en très mauvaise santé, sa petite famille rejoint la Belgique, patrie de sa maman. Elle a 12 ans. Autant dire qu’elle a vécu ce changement comme le passage de la couleur au noir et blanc! Si le noir et blanc peut avoir un certain charme, elle n’a pas du tout trouvé de charme dans ce pays d’accueil gris, triste, déprimant et surtout sans lumière, source nécessaire à son équilibre, encore aujourd’hui.

Continue reading « Christine van der Steur, pour se connecter à l’essentiel »

Fabienne Verdier, Passagère du silence

 Quand on m’a recommandé « Passagère du Silence » pour ce blog, j’étais sceptique. Fabienne Verdier, pour un blog sur la couleur? J’associais son travail à la puissance du noir et du geste. Et pourtant…

« […] dans les variations infinies de l’encre de Chine, tu peux interpréter les mille et une lumières de l’univers. […] Le noir possède l’infini des couleurs; c’est la matrice de toutes. […] Avec les ressources du noir et le vide du papier blanc, tu peux tout créer, […]. Le noir est le révélateur premier de la lumière dans la matière ».

Tel est le discours de son maître Chinois quand, n’en pouvant plus de travailler avec l’encre noire, Fabienne Verdier lui demande si elle peut égayer d’un peu de couleur ses exercices. Vous l’aurez compris, la réponse du maître est NON; il l’autorise cependant, au bout de quelques années, de venir à la couleur, et lui assure que son interprétation de la lumière sera alors beaucoup plus riche.

Dans « Passagère du silence », Fabienne Verdier retrace son parcours d’Artiste: un premier chapitre pour son enfance et ses études à l’école des Beaux-Arts, dix autres pour son apprentissage en Chine et un dernier pour sa vie d’ermite peintre, à la campagne, en Ile-de-France. Continue reading « Fabienne Verdier, Passagère du silence »

Lydwine Thibaut vous (re)mettra en scène

Lydwine Thibaut aime le rouge. Non que le rouge soit sa couleur préférée, mais c’est pour elle la couleur la plus dynamique, la plus vivante. C’est aussi la couleur dominante sur son site « cocorico » où, avec toute une équipe, elle propose des services d’aide à la recherche d’un travail qui ait du sens. Lydwine ne conçoit pas la vie sans couleur ni sans beauté. Les lieux qu’elle investit pour proposer les séminaires d’accompagnement doivent être harmonieux, le seul critère économique ne lui suffit pas, au grand dam de communes qui proposent gratuitement des lieux sans âme. Son site, le matériel didactique, les CVs que vous réaliserez avec elle, tout doit être visuellement beau. Est-ce un critère de succès? Lydwine n’en sait rien, elle sait seulement que ça lui fait plaisir et que cela contribue à une énergie positive indispensable pour sa vie et que, jusqu’à preuve du contraire, elle estime bénéfique pour les personnes qu’elle accompagne.

Continue reading « Lydwine Thibaut vous (re)mettra en scène »