Natacha, le jaune pour la joie, le rose pour la douceur

Pour Natacha, de nouveaux choix en matière de couleur annoncent d’importants changements dans son évolution personnelle. 

C’est comme si, quand elle adoptait une nouvelle couleur, celle-ci travaillait à son insu, opérant des changements qui se manifestent dans sa vie quelques semaines ou mois plus tard. Aussi, rétrospectivement, elle associe son envie de s’habiller plus coloré à un changement progressif d’humeur et à un travail inconscient l’amenant à quitter un boulot qui ne l’épanouit pas pour aller plus à la découverte d’elle-même.

Abandonner le noir 

Adolescente elle porte beaucoup de noir. L’ambiance à la maison n’est pas très gaie, le climat est même violent.  Echapper à cette atmosphère plombante l’amène par la même occasion à abandonner le noir et les couleurs foncées.  Elle invite alors dans sa garde-robe des couleurs d’abord sobres et discrètes, sans doute pour ne pas trop se faire remarquer.

Depuis, elle observe que plus elle cherche et trouve les couleurs qui lui conviennent plus elle se sent en accord avec elle-même. Cette observation, elle l’a aussi faite à propos de l’une ou l’autre personne de son entourage. Comme cette collègue qui a quitté ses vêtements noirs en même temps qu’une complaisance à ne voir que le négatif, comme si la couleur encourageait la joie et la beauté à rentrer dans nos vies. Natacha ne rejette pas pour autant le noir, lui reconnaissant une expression de maturité, une forme d’ancrage. Néanmoins, selon elle, cette couleur — ou plutôt cette absence de couleur —nous pousse à nous cacher.

Trouver ses couleurs

Pour Natacha, pas besoin d’un conseil pour trouver les couleurs qui lui vont, même si elle a pensé un jour s’offrir « a personal shopper », une personne qui l’aiderait à trouver des vêtements qui conviennent à son style, ses goûts et son budget, mais le coût de ce service lui paraît à ce jour inabordable. Cette recherche qu’elle mène à présent par elle-même l’aide à se trouver, à se sentir belle, et donc à être bien dans sa peau, bien dans sa vie. 

Dans ce domaine comme dans le reste, elle se fie à son intuition. A l’écoute de ses besoins, les solutions s’offrent à elle naturellement, mais pas sans effort. Ainsi, pour vaincre sa timidité elle a eu recours à l’EMDR, et pour évaluer ses progrès, elle a décidé d’oser poser une question lors d’une conférence. Il s’avère que le sujet de la conférence, le « ThétaHealing », une technique permettant de libérer l’inconscient de peurs, pensées limitantes ou traumas, l’a à ce point passionnée qu’il s’est révélé comme une nouvelle piste professionnelle.

Jaunes et roses

Aujourd’hui, dans son appartement, le jaune et le doré apportent lumière et joie. On devrait plutôt dire «les jaunes »; ceux-ci sont variés, avec une prédominance de jaune moutarde, une couleur qui pour elle est la synthèse du jaune solaire avec le doré, dès lors à la fois chaleureuse et lumineuse. Dans le séjour, le doré s’allie à la lumière: on le retrouve dans les larges abat-jours qui donnent plus d’ampleur et de scintillement à une lumière chaude et généreuse. Dans la chambre, ces teintes, encore présentes, laissent plus de place au rose, arrivé plus tardivement dans sa vie, la guidant vers la douceur. A nouveau, il ne s’agit pas d’un rose unique, mais de toute une gamme, des roses toujours subtils et raffinés, jamais criards. Douceur et tendresse.

Connection à la nature et à l’autre

Un bouquet de fleurs fraîches est souvent installé sur la table de travail, à côté de l’ordinateur et de la grande pochette de feutres multicolores posée sur le livre de mandalas à colorier. Natacha aime s’offrir des fleurs. De retour de chez le fleuriste, les fleurs dans les bras, elle a l’impression d’être avec ses copines, en harmonie avec la nature, bénie par la vie. Un nouveau bouquet est l’occasion d’apporter des touches plus vives, de nettoyer l’air et d’aller vers de nouvelles couleurs.

Natacha est très sensible au pouvoir évocateur de la couleur: penser au vert et déjà elle se trouve en forêt et bénéficie de son effet réparateur, voir du bleu et c’est tantôt l’eau ou le ciel qui l’habite. Mais évoquer la nature ne lui suffit pas, elle adore les balades en forêt ou même dans les parcs de la ville. Là, comme pour garder une trace de son émerveillement, son téléphone à la main,  elle tente de capter la beauté de la nature. Elle partage ensuite  ses photos sur Instagram, ce qui, au fil des promenades finit par constituer un tableau qui lui ressemble.

Pour elle, chaque couleur est également associée aux différents chakras. L’état de ceux-ci, abîmé ou non, ouvert ou fermé, montre nos blessures, notre état intérieur. Plus le chakra racine — rouge — est fort et en bonne santé, plus on se sent en sécurité et bien ancré. Le Theta-Healing qui permet d’éliminer des pensées limitantes ou négatives, des peurs ou des sentiments destructeurs a donc pour effet de renforcer ce chakra.

La couleur et l’enfant intérieur

La couleur pour elle, c’est aussi la créativité, la connection avec son enfant intérieur. 

Si elle s’octroie aujourd’hui le plaisir du bricolage ou du coloriage c’est autant pour se vider l’esprit que pour retrouver sa part d’enfant qui ne s’est pas épanoui, accablé par une ambiance familiale sinistre où les abus émotionnels étaient aussi graves que constants, et jamais reconnus comme tels. Quasi privée de joie et d’amour pendant son enfance,  elle en mesure d’autant plus l’importance.   A l’instar de ceux qui ont eu une enfance heureuse, elle réalise la chance qui est donnée dans les choix qu’on fait. Le sien est celui de la joie et de l’amour qu’elle considère comme la vérité la plus haute. Résilience.

Natacha Cerf photographie de Vinciane Lacroix

Le site de Natacha: https://natachacerf.com/

Natacha sur Instagram: nachenkaa

Carlos Cruz-Diez, ou l’immersion dans la couleur

Vous avez jusqu’au 27 Juillet 2019 pour vivre une expérience immersive dans la couleur en découvrant Labyrinthus, la première exposition individuelle de Carlos Cruz-Diez en Belgique depuis plus de 50 ans.

Le lieu en lui-même vaut le détour. La Patinoire Royale, magnifiquement rénovée en 2015 par l’architecte d’intérieur Pierre Yovanovitch,est aujourd’hui investie par la galerie d’art contemporain Valérie Bach, un vrai musée privé d’Art Contemporain — privé mais néanmoins gratuit —situé à Saint-Gilles (Bruxelles).

Une expérience déambulatoire

Labyrinthus Carlos Cruz-Diez
Labyrinthus: vue de l’étage de la Patinoire Royale

L’installation Labyrinthus est déployée dans l’espace « Grande Nef », généreusement éclairé par la lumière du jour, élément fondamental dans cette expérience déambulatoire. Dans ce labyrinthe, on se perd plus dans la contemplation que dans l’espace: des panneaux colorés transparents s’assemblent en compositions géométriques sans cesse renouvelées.

Les ombres colorées kaléidoscopiques produites au pied des panneaux raviront également les visiteurs.

Les théories soustractive et additive de la couleur trouvent ici des illustrations accessibles à tous: les panneaux filtrant la lumière réalisent la synthèse soustractive tandis que les ombres et les reflets, en se superposant, produisent de nouvelles couleurs en synthèse additive.

La couleur tridimentionnelle

Déplacement latéral en face d’une « Physichromie »

L’expérience chromatique face aux tableaux exposés se vit quant à elle en se déplaçant par rapport à eux. Par exemple, dans les « Physichromies », des lattes colorées perpendiculaires au plan du tableau, organisées selon un rythme étudié, génèrent différents « climats de couleur ». Ainsi, lors d’un déplacement latéral, des lattes colorées deviennent visibles ou rendent visibles différentes parties du tableau; à ce jeu de cache-cache sont conviés tous les phénomènes physiques et perceptifs responsables de notre vision colorée. Quand la lumière provient directement du plan du tableau, on capte la couleur du support, mais celle-ci peut également se combiner à la couleur produite par la réflexion de la lumière sur la latte perpendiculaire. Selon le point de vue, la couleur de la latte se juxtaposera à une autre couleur provoquant un contraste qui en altèrera la perception.

Une installation dynamique

A l’étage, Carlos Cruz-Diez propose encore un autre stratagème pour nous faire voyager dans la couleur; cette fois ce sont certains éléments de l’installation qui sont mis en mouvement alors que d’autres restent fixes. Des reflets des activités extérieures se voient mélangés à l’oeuvre et un spectacle d’ombres colorées dansantes s’offre au spectateur qui observera le sol et le mur situé derrière l’installation.

Le spectateur dans le piège de la perception

Le rapprochement et l’éloignement quant à lui permet d’expérimenter le phénomène d’assimilation des couleurs, qui a tendance à rapprocher les couleurs constituantes, si bien que lorsque la couleur du plan du tableau varie, on est persuadé (à tort) que la couleur de la latte qui la jouxte diffère également. Le déplacement vis-à-vis de l’oeuvre exploite aussi la persistance rétinienne, ce phénomène qui engendre la perception de la couleur complémentaire à celle à laquelle on vient d’être exposé. Ici, cette couleur virtuelle se combine à la vision de la couleur nouvellement présente aux yeux du spectateur, processus savamment élaboré par l’artiste. Tous les phénomènes physiques et perceptifs sont convoités pour nous faire percevoir des couleurs qui ne sont pas présentes dans le support physique de l’oeuvre tout en générant une palette d’affects que nous ne maîtrisons pas.

Réflexions sur la couleur

Les recherches sur la couleur sont au coeur de l’oeuvre de Carlos Cruz-Diez, l’un des acteurs majeurs de l’art optique et cinétique. Pour l’artiste la couleur « met en évidence l’espace, l’ambiguïté, l’éphémère, tout en étant un support de mythes et d’affects » (*). Il nous propose « une vision élémentaire dépourvue de significations préétablies », afin de « réveiller d’autres mécanismes d’appréhension sensible, plus subtiles et complexes que ceux imposés par le conditionnement culturel et l’information de masse des sociétés contemporaines » (*)

Le parcours dans cette exposition est un évènement qui vous implique, lui conférant dès lors le qualificatif de « contemporain » , car selon Carlos Diez, loin d’une conception romantique de l’art, avant toute considération esthétique, l’oeuvre doit impliquer la participation du spectateur, et « un artiste contemporain n’a pas d’inspiration,  il réfléchit ». (**)

Olga, « Où sont mes couleurs ?»

Ce n’est qu’à l’automne de ses 25 ans qu’Olga s’est rendue compte combien la couleur était essentielle pour elle.

A vrai dire, jusque là la couleur était tellement présente dans son quotidien qu’elle n’en mesurait pas l’impact. Présente dans l’exubérance des fleurs, dans la variété des fruits, dans l’espace illuminé par un soleil généreux et tellement puissant que des lunettes de soleil étaient toujours indispensables en journée. En Colombie, la couleur, on y a droit toute l’année, on est à l’équateur, il n’y a pas de saison.
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Caroline Dujardin, la couleur en partage

 

La couleur, voilà la passion de Caroline. Elle l’utilise, l’enseigne, la vit.

D’où lui vient cette passion? De l’enfance? Pas sûr; certes, elle dessinait beaucoup, mais pas plus que d’autres enfants. De l’adolescence alors? Peut-être, elle se souvient de ce plaisir à voir fuser les couleurs éclatantes des encres Sennelier qu’elle utilisait pour créer des foulards en soie qu’elle vendait ensuite pour se faire un peu d’argent de poche. En tout cas, la fascination pour la couleur s’est développée dans le cours de ses études de peinture à La Cambre prenant progressivement une grande part dans ses recherches personnelles. Mais elle se souvient surtout d’un choc visuel lors de la visite d’une usine d’un ami de son père. Là, face à des pigments présentés dans d’énormes fûts, elle a été littéralement subjuguée. Elle ressent encore l’intensité de ce bleu d’outremer, de ce violet de manganèse. Ce souvenir est toujours vibrant d’émerveillement dans sa mémoire . Quand elle souhaite retrouver ce caractère unique de beauté pour l’exploiter dans ces tableaux, Caroline fabrique alors sa peinture elle-même; elle mélange des pigments de Cadmium de qualité exceptionnelle reçus du directeur de cette usine avec une charge et un liant, selon ses propres recettes. Continue reading « Caroline Dujardin, la couleur en partage »

Christine Lefèbvre, un regard d’esthète


A gauche, Christine et ses bols colorés. A droite, devant un hibou photographié par Christine, un pinceau immortalisé en sculpture

« La couleur », telle a été la réponse de Christine, traversant un passage difficile de sa vie, à un thérapeute qui lui demandait « qu’est-ce qui vous donnerait encore le goût de vivre? ». Longtemps elle s’en est voulu de ne pas avoir dit « mes deux adorables filles », mais aujourd’hui, encore étonnée de cette réponse, elle l’accepte comme l’expression spontanée d’un besoin très profond.

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Hélène Mauri — l’humanité dans sa mission photographique

Hélène Mauri est photographe. Couleur ou noir et blanc? Cela dépend, elle ne rationalise pas; couleur, technique, même combat: tellement bien maîtrisées, intégrées, digérées, qu’elles passent toutes les deux au second plan, au service de la création, invisibles au conscient de la photographe guidée par sa mission.

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Françoise Lesage, nature oblige

Françoise aime tellement la couleur qu’elle se risque à peine à en parler, peut-être de peur de trop réduire l’émotion que la couleur lui procure ou de trahir la relation privilégiée qu’elle entretient avec elle, une relation qu’elle a nouée toute petite quand la contemplation d’une grande boîte de crayons de couleur lui procurait une joie immense.

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Virginie, la couleur en mouvement

La couleur accompagne Virginie, elle suit ses mouvements, qu’ils soient du corps ou de l’âme.

Dans son intérieur, dans les vêtements qu’elle porte ou sur son site internet, la couleur est essentielle, elle lui apporte tantôt de l’énergie, tantôt de la gaité ou du réconfort.

Pour répondre à son besoin de changement, Virginie a inventé une technique ingénieuse permettant de transformer rapidement la gamme chromatique de son séjour. Un mur gris perle, un canapé blanc, un tableau dans la même gamme et quelques meubles en bois naturel constituent un fond neutre stable qui accueille, au gré des saisons ou de ses humeurs, des objets colorés interchangeables, qui, par touches, vont donner l’esprit qu’elle veut insuffler.

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Pinuccia, le beau et le bon comme valeurs

Pinuccia ne conçoit pas la vie sans couleur. Elle aime le beau et le beau n’est pas incolore.

Aujourd’hui elle porte une robe chamarrée où se mêlent des bleus et roses vifs, couleurs qu’un séminaire lui a révélées comme faisant partie de « sa palette », se basant sur son teint — plus précisément la couleur de ses veines—, ses yeux et ses cheveux. Dans cette formation elle a apprécié le raisonnement qui permet d’identifier les tons qui vont à l’une ou à l’autre, là où la plupart fonctionne uniquement à l’intuition. Par contre, elle n’a pas aimé le dogmatisme sous-jacent, comme s’il fallait du jour au lendemain jeter tous les vêtements qui ne sont pas dans « ses couleurs » (*). Si telle robe rouge ou orange ne la met pas en valeur parce qu’on ne voit que la robe, pourquoi pas! Pinuccia n’a pas le culte de sa personne et à vrai dire, si c’est la robe qu’on verra d’abord, impossible de ne pas ensuite être capté par son sourire et sa personnalité.

(*) En clin d’oeil, elle a choisi de porter cette robe noire à pois blancs pour « son » portrait; clin d’oeil pour clin d’oeil, j’en ai fait une photo monochrome: un peu de noir et blanc dans ce monde de couleurs, pardi!
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Framboise Godart, les deux pieds dans le rêve

Framboise aime la couleur, joue avec ses accords et les déploie dans des harmonies de son cru.

Chaque chambre d’hôte de son domaine vous plonge dans une atmosphère où les matériaux naturels, les textiles artisanaux, les objets d’art et un choix judicieux de couleurs vous emmènent pour un voyage le temps d’un w.e., ou plus, si le coeur vous en dit: ici à Corfou, là à Bali, en Thaïlande ou aux Caraïbes ou encore tout simplement au coeur de la nature, dans une cabane haut-perchée. Continue reading « Framboise Godart, les deux pieds dans le rêve »